06juil. 2006
Navigateurs internet, partie 4
18:56 - Par Olivier Tilloy - Informéthique
Cet article fait partie d'une série de six articles sur les navigateurs internet :
- Navigateurs internet - Introduction
- Navigateurs internet - Le navigateur internet
- Navigateurs internet - La première guerre des navigateurs
- Navigateurs internet - L'alternative : Firefox
- Navigateurs internet - Les standards du web
- Navigateurs internet - Conclusion
L'alternative : Firefox
A la mort de Netscape, l'ouverture de son code source a permis a une communauté d'informaticiens issus du logiciel libre de reprendre le projet sous le nom de Mozilla. Avec l'approche de développement caractéristique au logiciel libre, le projet Mozilla a fourni un navigateur Internet pratique, innovant, respectueux des standards et multi-plateformes (c'est-à-dire fonctionnant sous Windows, MacOS, GNU/Linux et bien d'autres).
Le principal reproche souvent fait à Mozilla était sa lourdeur, le logiciel intégrant également un lecteur de courrier (client e-mail) et de news. Fort de ce constat, une équipe s'est donc attelée à développer un navigateur Internet qui hériterait des qualités de son grand frère mais serait plus léger, plus accessible au grand public. Ce projet a eu plusieurs noms avant le nom qu'on lui connaît maintenant et que de plus en plus de gens ont déjà entendu ça et là : (Mozilla) Firefox.
Firefox et son grand frère Mozilla ont en commun une pièce maîtresse de leur architecture : le moteur de rendu de pages Web, appelé Gecko. Ce moteur est l'élément central d'un navigateur Internet : il prend en entrée un fichier XHTML et s'occupe d'afficher correctement la page correspondante. Ce moteur est actuellement l'un des plus performants et respectueux des standards du web, et étant libre, il est d'ailleurs utilisé dans bon nombre d'autres projets libres.
Les caractéristiques de Firefox souvent mises en avant sont sa légéreté, sa rapidité, le blocage de fenêtres indésirables (les fenêtres de publicité aussi appelées popups), le blocage par défaut des éléments qui pourraient compromettre la sécurité de votre ordinateur, la navigation par onglets, qui permet d'ouvrir plusieurs pages web dans une même fenêtre (une fois qu'on y a goûté, la navigation sans onglets devient insupportablement lente et inefficace), et enfin son extensibilité sans limites grâce au puissant système des extensions.
Toutes ces qualités font de Firefox un concurrent plus que sérieux à Internet Explorer. Firefox, après une version 1.0 qui a fait date dans l'histoire du projet et qui a permis de faire connaître au grand public toutes les qualités du logiciel, est maintenant en version 1.5, et la version 2 est en développement très actif. De plus des mises à jour de sécurité sont publiées régulièrement.
A côté, la version actuelle d'Internet Explorer est la 6.0, sortie il y a plus de 5 ans, et pour laquelle tout développement a été stoppé (une fois le monopole acquis, Microsoft ne voyait aucun intérêt à garder son produit compétitif et sûr). Internet Explorer 6 est en termes de sécurité un vrai gruyère, et des nouvelles failles y sont découvertes chaque semaine. Notons que des failles de sécurité sont aussi régulièrement découvertes dans Firefox (nul logiciel n'est parfait, surtout lorsqu'il est aussi complexe qu'un navigateur Internet), mais LA différence réside dans la réactivité de l'équipe de développement de Firefox qui propose toujours très rapidement un correctif pour les failles en question.
On nous promet une version 7 d'Internet Explorer depuis des lustres, décevante selon les premiers tests qui en ont été faits, et qui ne tournera que sous Windows XP SP2 (et encore en version bridée) et sous Windows Vista (la prochaine version de Windows dont Microsoft repousse de jour en jour la sortie).
En l'état actuel des choses, la comparaison est vite faite : techniquement parlant IE est un dinosaure à la carapace pleine de trous, et s'il reste dominant sur le marché (malgré un déclin constant au profit de Firefox), c'est uniquement parce qu'il est pré-installé avec Windows.
Dans la prochaine partie de cet article j'aborderai un côté un peu plus technique et éthique, dont les enjeux sont considérables : les standards du web.