Olivier's adventures in Wonderland

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

30sept.

Transition

Fin

Un peu plus d'un an après mon exil en Angleterre, je reviens au pays. Départ prévu demain, train Hull-Londres puis Eurostar. C'est donc la fin d'une belle aventure, sans conteste la meilleure de mes années d'études (et la dernière, j'ai donc fini en beauté), et je dois avouer que j'ai le blues de quitter ce campus et tous ces gens qui pendant un an ont été mon chez-moi et ma famille.

C'était il y a un an, et ça me paraît des siècles, tant j'ai vécu et apprécié la vie à Hull. Petit bilan de cette année inoubliable à bien des égards. Je suis venu à Hull pour trois bonnes raisons :

  • Fuir Evry. Je n'ai jamais regretté mon choix de l'IIE, mais vivre un an à Evry et passer une seconde année à faire des aller-retours quotidiens entre Paris et Evry m'a sérieusement motivé pour partir. Loin. Changer d'air.
  • Apprendre à parler anglais. Soyons sérieux, à de rares exceptions près, l'enseignement des langues en France est totalement inadapté, et pour pouvoir prétendre parler couramment anglais sur son CV sans mentir éhontement, un an dans un pays anglophone n'est pas superflu.
  • Faire de la recherche. L'idée de passer une année complète à faire de la recherche dans un cadre universitaire me plaisait, et il y a un an je ne savais honnêtement pas si je m'orienterais vers un doctorat ou la recherche d'emploi par la suite.

Partir

A l'origine je ne suis pas vraiment un globe-trotter, en fait plutôt un pantouflard tendance charentaises. Partir un an à l'étranger, même si cet étranger est à deux heures d'avion, pour moi c'était donc une décision importante. Que je n'ai pas regretté une seule seconde! Ma découverte de l'Angleterre s'est faite dans des conditions idéales : vivre avec des étudiants internationaux en bordure d'un campus universitaire magnifique, que demander de plus? Changement d'air garanti!

Malgré notre proximité géographique avec les anglais, j'ai découvert un fossé culturel que je ne soupçonnais pas, et qui va bien au delà du cliché (pourtant terriblement vrai) d'une gastronomie quasi-inexistante. Je n'ai pas d'explication valable, mais le fait est que les étudiants anglais et internationaux se mélangent peu, voire pas. Et c'est bien dommage. J'ai donc rencontré beaucoup plus de gens du reste du monde que d'anglais cette année. Je n'ai jamais fait le tour du monde, la seule fois où je suis sorti d'Europe c'était pour aller à la Réunion, un DOM, et pourtant j'ai noué des amitiés avec des gens de partout dans le monde, en un an à Hull. Mon seul regret, c'est de n'avoir vraiment connu la plupart de ces gens que très tard, pour la plupart à l'occasion de l'International Welcome Week de septembre 2006. Mais je reste en contact avec eux, je reviendrai les saluer à Hull à l'occasion d'une ou deux house parties, et j'ai définitivement envie de voyager et de voir le monde.

Do you speak english?

Selon les standards scolaires français, j'ai toujours été considéré comme bon, voire très bon, en anglais. J'ai eu mon TOEIC avec un score de 975 sur 990. Et pourtant, quand je suis arrivé en Angleterre, j'étais comme tous les Français dans mon cas : complètement largué. Là où les Allemands, les Polonais, les Suédois, les Belges, et même bon nombre d'Asiatiques, parlent déjà couramment, comprennent bien et on un accent acceptable, les Français on un niveau déplorable. En un an j'ai fait des progrès considérables, surtout en compréhension des différents accents, en prononciation et en vocabulaire. Mais je suis encore très loin d'être bilingue.

Il y a sur le campus de Hull beaucoup de Français. Beaucoup trop, en fait. La plupart viennent pour faire du business, en provenance d'écoles de commerce. Ils viennent par gros paquets (jusqu'à 50 par an pour une école) et ont une fâcheuse tendance à rester en cercle fermé, à habiter ensemble, à faire des soirées franco-françaises, et à ne faire aucun effort pour parler anglais, même en présence de gens qui ne comprennent pas le français. Une attitude que je trouve insupportable. Même si certains sont des gens bien, j'ai tout fait pour les fuir, et croyez moi, ils donnent une bien mauvaise image de la France sur le campus.

Au début de l'année, j'ai brièvement eu un colocataire écossais. Je ne pipais pas un mot de ce qu'il racontait. Je serais curieux de voir à quel point je le comprendrais maintenant. Beaucoup mieux c'est sûr. J'ai pris goût à parler anglais, et je regrette juste de ne pas rester quelques années de plus afin de passer au niveau supérieur : bilingue. Globalement quand même, je suis satisfait de mes progrès qui me permettent, suivant la forme du moment, d'avoir des conversations plus ou moins complexes et abstraites avec un anglophone, et même parfois (quand je suis vraiment très en forme) d'adapter mon niveau de langage à l'interlocuteur.

La recherche

L'accord entre l'IIE et le département d'informatique de l'Université de Hull prévoit que chaque année 3 élèves de 3ème année viennent faire un MSc de recherche à Hull, sponsorisés par le département (tous frais d'inscription à l'Université payés, et lesdits frais s'élèvent quand même à plus de £3000). Les élèves de l'IIE semblent largement appréciés pour leurs compétences mathématiques et informatiques, et je ne peux que dire merci d'avoir eu une telle opportunité. Cette année, Florian, Guillaume et moi-même étions tous les trois dans le laboratoire de simulation et visualisation, laboratoire qui a une très bonne réputation en Angleterre, qui dispose d'un matériel de pointe et de l'appui financier conséquent de nombreux industriels.

Je dois avouer que j'ai été très déçu par le niveau de la plupart des gens que je côtoyais dans le labo. Les chercheurs de haut niveau se cachent bien, je ne les ai pas vus. Quant aux doctorants, au moins ceux de notre labo, ils ont trouvé une planque pépére et font le minimum syndical pour obtenir un PhD. Certains ne font même rien en attendant que pour remplacer leur PhD en perdition on leur propose un poste de développeur. Ce sont des doctorants en MSN, puisque c'est à cette activité hautement stimulatrice qu'ils consacrent leurs journées. Même une bonne partie du personnel n'est pas qualifiée... Une grande majorité des gens, toutes fonctions confondues, n'a aucun regard critique sur les outils qu'ils utilisent, et ça me paraît grave pour des informaticiens "de haut niveau". En fait la seule personne dans notre labo qui soit à la fois compétente et travailleuse, c'était James, mon deuxième superviseur. Merci James d'avoir relevé le niveau.

Niveau recherche, j'ai été très peu guidé alors que l'approche requise était complètement nouvelle pour moi (d'ailleurs on m'a à la fin fait remarquer que j'avais une approche trop "ingénieur"...). De même, si on m'en avait informé plus tôt, j'aurais pu influencer un peu plus le sujet qui m'a été attribué. N'ayant pas choisi mon sujet, et celui qui m'a été attribué ne m'intéressant pas vraiment, les conditions de travail n'étaient pas idéales dès le départ. La paresse et l'incompétence ambiantes aidant, je ne me suis pas tué au travail. Je ne le regrette absolument pas : j'en ai tout de même fait largement assez pour valider mon année avec les compliments de mes superviseurs, et ça m'aura permis d'utiliser cette grande quantité de temps libre pour avoir une vie sociale (j'ai rencontré du monde, j'ai fait du sport, de la musique, je suis beaucoup sorti, bref j'ai profité).

Début

La fin d'une période importante, puisque ça y est, j'ai terminé mes études. Et le début de la vie qu'on appelle active (c'est vrai que jusqu'à présent, je n'ai pas fait grand chose :-)). Nouvel exil, puisque je pars m'installer du côté de Sophia-Antipolis, où je vais travailler comme ingénieur développement logiciel pour Amadeus (je débute le 16 octobre). Et pour bien commencer, je vais mettre à profit ces quelques jours de vacances pour faire un tour de France des amis, en passant par Caen, Paris, Nantes, Bordeaux et Avignon avant de poser mon sac dans la région niçoise. Comme Tintin et Milou, Bob Morane ou Achille Talon avant moi, me voilà en route pour de nouvelles aventures!

06sept.

Un an!

Il y a un an jour pour jour (le mardi 6 septembre 2005), Kaleo, Guij et moi débarquions à l'assaut de la perfide Albion.

Au delà du cliché du temps qui passe trop vite, et même si ce n'est pas encore le moment de conclure, je peux déjà dire que cette année aura été riche en événements, rencontres, amitiés et en accomplissement personnel, ne serait-ce que sur le plan linguistique.

Tout ça mérite bien une pinte (sans bougie dedans) dans un pub. Cheers!

21juil.

About roast beef and getting laid

Yesterday I went to the hairdresser who has a small hairdressing salon on the campus, inside the Student Union. Handy when your hair needs cutting but you are too lazy to try and find a decent hairdresser in town, and cheap as well (£10, a reasonable price, actually less than what I am used to paying in France).

The sign outside the salon reads: "International hair style" or something in this fashion. Very impressive. It makes you think this guy has travelled a lot to acquire an unprecedented hair styling technique, that he is a master in his craft, and thus makes you wonder how such a genius has ended here, on the campus of the University of Hull.

I don't know if this guy has any hairdressing diploma. He actually cut my hair almost entirely with clippers and did not wash or even wet it beforehand (I guess that is the english way of cutting hair, I'd better get used to it if I ever choose to live in England). What is sure however is that, unlike too often at the hairdresser's, I had quite an interesting conversation with him. We did not speak of the wheather, not even of the world cup and of Zidane's headbutt.

Guessing that I am not English is simple. But I find that most of the people I meet cannot tell where I am from (good for me since that means I don't have this most hated french accent). But our guy is perceptive, he knew at once that I was French. When I asked him if it was that obvious, he said yes... Erm, too bad for me, it seems after all that I have this accent...

So I said: "I guess that means I'm not ready yet to pass myself off as an englishman". To which he answered: "Why on earth would you try to pass yourself off as an englishman? Don't you want to get laid ever again?". I love this form of humour, a kind of self derision english people are usually very good at.

It seems that as well as being a joker, our man was also learned in english history. When he learned that I came from Normandy, I suddenly became no less than William the Conqueror's heir, and was held greatly responsible for fucking the english language. Yes that's right. We Normands are responsible for messing up the original english language that had mostly Nordic origins, and according to Mr Hairdresser, looked more like the actual Flemish. Since that time, a baby sheep is not called a baby sheep anymore, but a lamb. What a mess. He also said something about the colour of white horses that are in fact never really white, rather grey, but I didn't really get this bit. The word cavalry would come directly from its french translation, cavalerie (sounds very possible, the linguistic link between horse and cavalry being quite obscure, if there is any). What a mess.

But most interesting of all is his theory to explain why we Frog eaters call the English people Roast beefs. At the time of the conquest of England by William, the English people lived mostly in the country in small villages and would breed cattle for their survival. According to this remarkable theory, there would have been a lot of pagan worship going on among these villagers and they would sacrifice the beef to their pagan divinities (and eat them afterwards, not that stupid!). I don't know what credit to give to this theory... Fair enough anyway, this Roast beefs name is as stupid as the Frogs nickname given to the French.

When I remarked that he seemed to know quite well history, the answer was as funny as the whole character, something like: "Unlike you, I don't have a life. Therefore I've got plenty of time for reading". So if I read less I would have a life? Hum, sounds interesting! But apart from being a famous international hairdresser and having no life, our man is also a DJ, and he is deejaying in a club called Yellow in town.

A man full of surprises indeed, you would not expect that from a hairdresser. For once, having my hair cut was not as dull and boring as usual.

28juin

Adresse

Dans la bataille du déménagement, je ne m'étais pas aperçu qu'il n'y avait pas que le numéro de la rue qui avait changé. En Angleterre les codes postaux délimitent des zones assez précises, en passant du 35 au 22, j'ai donc changé de code postal.

Pour ceux à qui elle est utile, mettez donc à jour mon adresse dans vos répertoires :

Olivier Tilloy
22, Auckland Avenue
Hull
East Riding of Yorkshire
HU6 7SG

25juin

Le carton

Et voilà j'ai dit adieu à ma maison du 35 Auckland Avenue. Pas beaucoup d'émotion, c'est juste une maison. D'autant que j'ai juste traversé la rue. On aura vu plus éprouvant comme déménagement.

Ça peut paraître stupide, mais les contrats de location dans les maisons de l'université se terminent le 24 juin, et donc ensuite pour les vrais les durs les tatoués qui restent à Hull pour l'été, il faut trouver un autre logement.

Nous avions, Kaleo, Guij et moi, depuis pas mal de temps, envisagé l'idée de louer une maison ensemble jusqu'à la fin de notre séjour ici, fin septembre. Après avoir frappé à la porte d'une bonne vingtaine d'agences, certaines plusieurs fois, nous avons dû nous rendre à l'évidence : la seule solution acceptable était de reprendre un logement avec l'université, via l'Accomodation Office.

Au passage je tiens à cracher très fort sur les agences qui font du logement étudiant. Ces gens sont incompétents, menteurs et seul le profit dicte leur politique, pas la satisfaction des étudiants comme leurs affiches le vantent. Nous avons perdu énormément de temps à chercher une maison dans le privé, avec pour motivation le coût supposé moins élevé qu'avec l'université. Après être retournés résignés à l'Accomodation Office, et tous calculs faits, la différence est négligeable, surtout en considérant que le but premier de l'université n'est pas de nous soutirer de l'argent mais bien de nous loger.

Nous voilà donc tous les trois dans une nouvelle maison, au 22 Auckland Avenue (30 mètres de mon ancien chez-moi), jusqu'à fin septembre. Cette maison est réservée aux étudiants dans notre cas, les writing-up students, qui restent pour l'été pour écrire une thèse.

La maison est plutôt agréable, assez dans le style de celle que j'habitais avant, avec ses avantages et ses inconvénients.

Côté colocataires, nous ne sommes pas dépaysés. Outre nous trois, il y a Lee, un anglais de Scarborough qui fait un master de philosophie et dont nous avions fait la connaissance en septembre dernier, et il y a Michalis, un grec qui fait un master de Games Programming et qui vivait déjà dans la même maison que Guij. Des gens sympas, avec déjà 100 000 fois plus d'ambiance que dans mon ancienne maison.

Je suis passé de la plus grande chambre de la maison à la plus petite, mais finalement j'ai réussi à y caser tout ce que j'ai pu accumuler en presque un an, donc tout va bien. Toujours pas de vrai sommier (le matelas est posé sur une planche de bois) et un lit à peine assez large pour une personne, mais ça fait 10 mois que je dors à la spartiate, donc 3 de plus ou 3 de moins... En revanche j'ai un lavabo dans ma chambre, et ça c'est la classe (qui a dit "pas besoin de se relever la nuit"?). Le gros point négatif c'est que je n'ai plus ma connexion internet. Il y a bien la connexion 56k par modem, mais comparé à la connexion sans fil que je captais dans mon ancienne chambre, c'est le jour et la nuit. D'ailleurs pour l'instant même pas moyen de faire fonctionner mon modem, donc pas de connexion du tout. Sans accès au net, je me sens tout nu. J'imagine que ma fréquentation du labo va augmenter. Blague à part la connexion internet c'est autant mon outil de travail qu'un loisir, comme ce qu'est la télévision à beaucoup. C'est pô juste.

Pour ceux à qui mon adresse était utile, mettez à jour vos répertoires : 35 - 13 = 22! Et mon numéro de téléphone fixe est maintenant +44 1482 30 26 40.

Bientôt un billet sur l'extraordinaire système de douche qui équipe notre salle de bain...

Nota : Le titre de cet article fait référence à un film français très drôle que j'ai regardé vendredi soir, entre deux cartons, très à propos, je vous le recommande.

- page 1 de 5